FOOTBALL
Election à la FIF - Que le jeu aille jusqu`à son terme!
Publié le mercredi 7 septembre 2011 | L'Inter
Alors que l'échéance du 10 septembre
approche à grands pas, l'idée d'aboutir à un consensus autour de l'homme
qui va présider aux destinés du sport roi ivoirien tarde à se réaliser.
Comment arriver à hisser à la tête de la Fédération Ivoirienne de
Football (FIF), un homme dont le choix ne créera pas de friction au sein
de la famille sportive ivoirienne et par ricochet dans la grande
famille politique du RHDP qui gouverne le pays? Bien difficile cette
équation, dans la mesure où les deux candidats qui aspirent à gérer le
football ivoirien, sont tous des proches du chef de l'Etat. Mais que
cherche la politique dans une arène sportive? S'interrogent bien de
personnes qui suivent avec un certain étonnement, tout ce bouillonnement
autour du choix du futur patron de la FIF. Le football par la passion
qu'il suscite dans tous les pays du monde, mérite bien son nom de
sport-roi. En Côte d'Ivoire singulièrement, elle déchaîne autant de
passion que la politique. Au plus fort de la crise ivoirienne, les
cadres du football ivoirien évoluant en Europe n'ont-ils pas joint leurs
voix à celles de tous ceux qui appelaient les leaders de la scène
politique ivoirienne à la raison? A l'heure de la réconciliation, le
sport a encore été invité sur la scène politique. Didier Drogba,
l'attaquant vedette des Eléphants de Côte d'Ivoire n'a t-il pas été
choisi comme membre de la Commission dialogue, vérité et réconciliation?
Sidy Diallo n'est pas plus proche d'Alassane Ouattara que Salif
Bictogo. Lorsque son fils a voulu se jeter dans la bataille pour la
présidence de la FIF, le vieux Abdoulaye Diallo de Djékanou, un très
proche d'Houphouët et bien connu de Ouattara et Bédié, est venu, comme
le veut la tradition akan, en informer les deux héritiers politiques de
son défunt maître qui en ont pris acte chacun. Salif Bictogo, lui,
n'était pas candidat au début. Dirigeant de club, il était prêt à
soutenir Anouma au cas où celui-ci se représentait. C'est lorsque le
président sortant s'est désisté, qu'il a décidé de briguer la présidence
de la FIF, fort du soutien de ses homologues. Tout comme Sidy, il a
aussi ses entrées au plus haut niveau de l'Etat. Son jeune frère Adama
Bictogo est à la fois un proche de ADO et de Soro. C'est ce qui a fait
dire à un proche du Premier ministre que c'est un mauvais procès qu'on
fait à Soro en affirmant qu'il soutient un candidat au détriment de
l'autre. Devant une telle situation, on peut imaginer l'embarras du
président Ouattara qui connaît aussi bien le vieux Abdoulaye Diallo que
Adama Bictogo son ministre de l'Intégration africaine, premiers soutiens
de Sidy et de Salif. La présidence de la FIF n'est pas un poste
administratif de DG ou de PCA où le président de la République nomme qui
il veut. Il s'agit ici d'un poste électif, c'est pourquoi certains
estiment que le chef de l'Etat, qui veut être en phase avec la nouvelle
ère démocratique qu'il prône, doit laisser la compétition aller jusqu'à
son terme, c'est-à-dire aux élections. Pour les tenants de cette
position, rien ne sert de rechercher avec acharnement un consensus qui
ne profitera pas vraiment au football ivoirien, comme ce fut le cas des
gouvernements dits de consensus qui n'ont vraiment pas prouvé leur
efficacité. Que ce soit Sidy ou Salif l'heureux élu après le scrutin du
10 septembre, Alassane ne perd absolument rien, les deux hommes sont de
sa grande famille politique: le RHDP. La FIF qu'ils vont diriger ne sera
pas une poche de résistance contre son pouvoir. Place donc au jeu
électoral et que le meilleur gagne.
F.D.BONY
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire